Te souviens-tu jadis, quand on aimait vraiment? À l'ombre des iris, bercées par les champs Dès l'aube, les narcisses se lèvent soudain Des ciels qui noircissent, nos yeux comme des chagrins Et le satin délice de nos nuits infinies Blanches comme des lys, nos mains enfin unies Souviens-toi des cygnes et de tous les bleuets Que l'eau parfois dessine sur les rochers Il y avait des fruits à cet endroit-ci Et des roses rouges et bleues devant nos yeux Il n'y avait pas foule, on n'avait pas fui Comme le béton qui s'écoule sur les orties On entendait les pas d'animaux sauvages De lianes en lierres là, jusqu'au rivage On avait du goût, des années à la pelle Comme les immortelles, on restait debout Rappelle-moi la vie sous un vieux chêne Quand n'étions pas ennemis agrippés à nos chaînes Ramène-moi à nous, on nage dans la suie Il n'y a plus de mûres, beaucoup plus de murs battit Va-t-on se revoir ridés comme les routes ternies? Là où les enfants ravis, cueillaient des orchidées Je ne sais plus grand chose, je n'ai plus envie Dis-moi quelque chose de beau comme les ancolies J'écrirai ton nom malgré la foudre et le pétrole Avec ce qu'il reste de bon, l'oseille planquée dans le sol Ton nom partout écrit avec la poudre et le pactole Embrasser l'indéfini, les alizés comme des boussoles On n'aura plus d'ennuis, nos bras tendus au Ciel Oiseaux de paradis, tenus par des ficelles Et la lumière qui crie dans la mer, tout au fond Sur nos âmes vernies, j'écrirai ton nom ♪ J'écrirai ton nom Sur les mâts, sur les murs et les maisons Sur les murmures J'écrirai ton nom Dans les bas fonds du futur sur les avions Dans les voitures J'écrirai ton nom Sur les mâts, sur les murs et les maisons Sur les murmures J'écrirai ton nom Dans les bas fonds du futur sur les avions Dans les voitures